A tous ceux qui pensent ne pas être des virtuoses du participe passé et que cela gêne !

L'orthographe française est affectée gravement et de manière chronique par une forme rampante de terrorisme.
Cet admirable instrument de clarté et de précision dans l'expression est détourné de ses fins par des gens peu éclairés qui en usent comme un moyen d'intimidation, et de discrimination. Ils en font le critère d'appartenance à une élite purement fantasmée et  parviennent aujourd'hui encore à culpabiliser la grande majorité des usagers légitimes du français et, partant, à limiter l'accès à une parole vraiment libre.

Ne nous laissons pas impressionner !

D'abord, refusons de nous laisser culpabiliser !
Et surtout, rétablissons l'orthographe dans sa fonction véritable, au service de notre propre souci de clarté et d'efficacité !

Qu'est-ce qu'une « faute » d'orthographe à l'intérieur d'un texte qu'on a la volonté et le désir d'écrire ? C'est ni plus ni moins qu'un particularisme d'expression, en d'autre termes un usage individuel (souvent très largement partagé), la manifestation d'une grammaire personnelle, distincte de la grammaire officielle, rien d'autre. Evidemment, une grammaire trop personnelle, ce n'est pas le meilleur atout pour être compris de tout le monde. On peut l'admettre à la rigueur pour commencer, mais il vaut mieux – dans ce domaine tout au moins – se mettre au diapason de ceux à qui l'on s'adresse.

Alors, assumons sans complexes nos erreurs  - nos particularismes - s'ils ne nous gênent pas: la seule chose qui compte vraiment, c'est de dire ce voulons dire ; mais ayons aussi le souci d'intégrer petit à petit, et à la seule condition d'en bien saisir la raison d'être et les mécanismes, les nuances qui nous permettrons d'être plus explicites, plus forts dans l'expression, ou simplement plus élégants.