Mardi 2 octobre 2007 à 12:11


- Pour illustrer mon dernier propos, je vous emmène dans la cuisine de mon blog.

Vous vous souvenez de cette image ?



Plusieurs personnes l'ont trouvée belle et ont laissé à son sujet des commentaires élogieux pour le photographe.

- Attends ! Ne t'emballe pas ! Il y a des gens qui t'aiment bien, et qui ne ratent pas une occasion de te faire plaisir en flattant ta déplorable vanité. Et ça marche.

- Peut-être, après tout. Mais, pour la clarté de ma démonstration, feignons l'émerveillement. Et puis, quoi que tu penses, elle n'est pas laide, cette image. Je le dis d'autant plus facilement qu'en tant que photographe, je n'y suis pas pour grand-chose. J'ai saisi cette berge du Rhône comme elle se donnait et telle quelle je l'ai livrée, sans retouche.

- Où veux-tu en venir ?

- Tout simplement au fait que, ce morceau de paysage, des milliers et des milliers de gens le trouvent sous leurs yeux lorsqu'ils passent sur la route.
Or, parmi ces milliers de gens, qui le regarde ce morceau de paysage ? Et parmi ceux qui le regardent, qui le remarque ? Et parmi ceux qui le remarquent, qui se rend compte qu'il est beau, tout simplement beau ?

Bien sûr, quand on roule sur cette route, on est pressé, avec des tas de soucis dans la tête ; on est fâché d'avoir dû se lever trop tôt. Au volant de cette voiture, au guidon de cette moto ou de ce vélo, ce ne sont que des ombres, les ombres de pauvres gens qui, dès le réveil sont déjà comme au bureau ou à l'atelier, plongés dans les emmerdements de la journée, indisponibles.

Bien sûr, si on regarde un peu plus loin, le long du fleuve, on tombe sur un vilain bâtiment qui n'ajoute rien au paysage.

Bien sûr, il ne fait pas toujours beau.

Bien sûr, bien sûr, bien sûr.

Pourtant, cette beauté-là, je n'ai pas eu besoin de la fabriquer, de l'inventer, de me persuader laborieusement de son existence. Il m'a suffi d'admettre qu'elle pouvait exister, de laisser courir mon regard, puis de l'attraper.  Elle était là, disponible, gratuite. Ça ne m'a pas pris plus d'une minute.

Voilà.



Par Acapella le Mardi 2 octobre 2007 à 15:18
Pour revenir a une discussion que l'on a souvent eu, photographier un paysage, ce n'est pas le composer puis l'immortaliser, mais simplement le saisir comme on nous l'offre. Et pour reussir a saisir cette beaute la, il faut deja ouvrir de grand yeux, et la chercher. Elle n'est pas offerte aux feignants.
Par dev.ious le Mardi 2 octobre 2007 à 22:57
Quand on y pense, c'est bien vrai qu'on ne remarque pas beaucoup la beauté qui nous entourre.
Il y a toujours quelque chose pour nous empêcher de voir, un écran invisible qui nous bouche la vue. On ne fait bien souvent pas assez attention à ce qu'il y a autour de nous et, malheureusement, on remarque beaucoup plus souvent la laideur, qui attire l'oeil, que la beauté, bien qu'elle soit plus plaisante à contempler.
Par Confit.nie.danse le Mercredi 3 octobre 2007 à 18:24
Je ne cherche pas la mèche, je la trouve.
Merci pour vos passages. Je ne vous cache pas que le temps me manque beaucoup en ce moment pour lire et commenter mes premiers visiteurs.
Mais le temps se rattrapera. Lancée un poil en avance...
Par lagrandemymy le Jeudi 4 octobre 2007 à 22:34
Ca c'est du dialogue constructif. Et merci pour le texte de Baudelaire, mais j'ai bien peur de ne jamais pouvoir souffrir la comparaison. Et puis "encore heureux" comme qui dirait".
Par maud96 le Jeudi 4 octobre 2007 à 22:45
Question de regard... et de ce qu'on ajoute au regard : j'ai un oncle qui ramasse comme çà plein de bois aux formes bizarres et, en les coupant et peignant, les transforme en animaux étranges.
Et pour ce que tu me dis en com, sans être pour autant "nitouche", je ne suis pas pressée !
Par elfeperigourdine le Samedi 13 octobre 2007 à 9:32
Entièrement d'accord avec toi, avec ce que tu dis sur ta photographie.
'ffectivement elle est belle, elle embaume le calme, la sérénité, ça donne envie de s'y arrêter un instant et de savourer l'instant présent..
J'aime tout simplement
Par monochrome.dream le Jeudi 10 mars 2011 à 16:58
Qu'est-ce qu'on loue le plus quand on s'exclame devant une photo ? Un découpage. Souvent c'est ça, enfin pour moi. Tiens, ça me donne une idée d'histoire ! Cet homme qui regardait autour de lui très attentivement, à la recherche de petites merveilles à découper. Quand il trouvait un paysage qui lui plaisait, il sortait ses ciseaux et coupait bien soigneusement l'image, qu'il glissait ensuite dans sa poche. Mais c'est comme quand on cueille une pomme. Les paysages repoussent. Et le lendemain, en repassant au même endroit, l'homme découvrait toujours un autre paysage que celui de la veille à prendre dans ses bagages :)
Par monochrome.dream le Jeudi 10 mars 2011 à 16:58
(c'était un homme un heureux)
 

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